Nous reviendrons très bientôt sur ce qui fut un choc des cultures, une merveilleuse histoire du temps, un parfum de myrrhe et d'encens, un phantasme de la reine de Saba. Mais si vous avez encore deux petites semaines de libre, partez sans attendre. C'est la saison idéale pour planer au Yémen. Quoi qu'on vous en dise, l'endroit est moins risqué qu'une aire d'autoroute la nuit entre Valence et Marseille ! 
Et puis vous partirez avec Monsieur plus ! Quand celui-ci vous libère la commande de frein cordon ombilical qui vous lie au niveau de sécurité qu'il a établi pour ce vol, la voile est belle, les conditions sont à votre niveau de compétence, tout est dans le vert ! A vous la féerie de paysages et d'une architecture unique au monde. Gilles Revil, directeur de l'école Oxygène, a su établir sur place des relations privilégiées au plus haut niveau. Elles vous assurent une intégration rapide et une protection maximale. C'est une occasion unique ! C'est maintenant !
(paru dans Vol libre du mois d'Octobre 2007)
Le Yémen est un pays de traditions fortes où l'Occidental replonge dans le millénaire précédent. Depuis bientôt dix ans, Gilles Revil y organise des voyages parapente.
Tout au long du voyage, ce ne sont que paysages grandioses, accueil très chaleureux a l'image d'une Arabie heureuse.On ne vient pas là pour battre des records ni effectuer des centaines de kilomètres. On s'y imprègne plutôt d'ambiances et de soleil lors de vols splendides aux dénivelés et décors impressionnants. Les conditions thermiques sont excellentes et l'engagement est total. Quoiqu'il puisse arriver, il n'y aura pas de secours ou si peu... Ici nous sommes toujours sur des sites inconnus, au bout du monde. Tout cela rend humble et prédispose à l'admiration de ces lieux hors du commun.
Les youyous des femmes remplissent l'air calme du matin lorsque nous passons au ras des terrasses cultivées depuis des siècles à la main. Nous apercevons, cachés ça et là d'ingénieux systèmes de récupération aboutissant à de larges vasques circulaires remplies d'une eau claire, victorieuse dans la lutte contre l'aridité du pays !
Le vent apporte souvent dans son souffle chaud les odeurs épicées d'un marché ou d'un village. Ceux-ci sont inoubliables. De la plus importante bâtisse, haute de plusieurs étages, à la simple masure de pierres, on retrouve toujours une harmonie propre à la construction yéménite. Comme si l'art de bâtir leur était instinctif. Sana'a, la capitale, ne déroge pas à cette loi. Ville de la nuit des temps, ses quartiers ont conservé la beauté et la solidité de pierres qui défient le temps. Tout devient rondeur, blancheur, fraîcheur dès que l'on franchit le seuil d'une ancienne maison, où la simplicité s'impose. Le marché est le lieu privilégié de la rencontre avec les Yéménites. Une sorte de cœur qui bat avec ses artères où le sang bouillonne. Selon la taille du village ou de la ville dont il dépend on trouve de tout et surtout du bruit, de la poussière, des odeurs étranges et inconnues. On assiste en fin de matinée à la traditionnelle vente du kat, une sorte de plante ressemblant a une drogue douce et euphorisante dont les Yéménites sont amateurs.
Nos chauffeurs commencent de mâcher le kat en début d'après-midi et finissent la soirée avec une grosse boule calée au fond de la joue, les yeux rougis, la voix forcissante. Ils appréciaient également à sa juste valeur notre whisky clandestin ! De notre côté, nous sommes restés insensibles aux vertus de leur herbe quotidienne et surtout rebelles à son goût âcre qui emporte le palais et la bouche.
Autour des camps successifs, prennent place des hordes de gamins sales et intrigués épiant nos moindres gestes. Ils restent cependant à bonne distance sous l'oeil vigilant des chauffeurs.
De temps en temps, une nuit d'hôtel permet une toilette plus sérieuse et un brin de lessive. Un vrai bonheur pour tous... Ces jours-là, nos guides apprécient de ne pas avoir à replier le campement !
Et chaque jour nous repartons pour de nouveaux vols : chargement des voitures, sourires aux lèvres, piste et partout le vol des aigles qui rayent l'azur. Le Yémen, hors du temps, est un pays dont on ne revient pas indemne. Unique, rare, extraordinaire, il subjugue par la splendeur des paysages, la culture forte d'un peuple fier, des vols tous plus grandioses les uns que les autres. Que ceux qui ne veulent pas y retourner lèvent la main !
(Texte & Photos : Gilles Revil, paru dans Vol libre N° 256 novembre 97).